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Baromètre 2026 Ipsos bva / Collectif des Engagés : l’engagement collectif des Français

À l’occasion de la Grande Soirée de l’Engagement 2026 organisée ce mardi 26 mai à l’Hôtel de Ville de Paris, le Collectif des Engagés dévoile avec Ipsos bva la nouvelle édition du Baromètre de l’engagement collectif des Français. Cette grande enquête annuelle mesure l’évolution du rapport des Français à la solidarité, à l’engagement associatif et, plus largement, aux grands enjeux de cohésion sociale qui traversent notre pays.

L’édition 2026 fait apparaître un certain paradoxe. La solidarité reste une valeur forte, profondément ancrée dans le quotidien des Français, mais elle semble aujourd’hui plus difficile à faire vivre dans les faits. Les convictions tiennent, mais les comportements s’érodent.

Ce constat doit être pris au sérieux. Non pour céder au fatalisme, mais pour mieux comprendre ce qui fragilise l’engagement et ce qu’il faut reconstruire collectivement. Car ce que révèle ce baromètre, c’est moins une disparition de la solidarité qu’une difficulté croissante à lui donner des formes concrètes, régulières et visibles.

Une valeur forte

Premier enseignement de cette étude : les Français restent massivement attachés à la solidarité. 88% d’entre eux la jugent importante dans leur quotidien, et 42% la considèrent même comme absolument primordiale, contre 38% l’an dernier.

Mais dans les faits, plusieurs signaux reculent. 40% des Français estiment que la solidarité a diminué au cours des douze derniers mois. 52% déclarent avoir soutenu leurs proches sur le plan matériel ou logistique, soit 8 points de moins qu’en 2025, tandis que les dons matériels aux associations reculent à 52% et que les discussions autour de la solidarité avec les proches tombent à 45%, soit 5 points de moins qu’un an plus tôt.

L’engagement associatif suit la même tendance. Seuls 32% des Français se déclarent engagés dans le milieu associatif, contre 38% en 2025. Le paradoxe est donc clair : la solidarité ne perd pas sa place dans les valeurs, mais elle devient plus difficile à traduire en actes durables.

Le baromètre aide aussi à comprendre ce décalage. Parmi les non-engagés, 43% citent le manque de temps comme premier frein, et 33% le manque de confiance dans les associations, en hausse par rapport à 2025. Cela rappelle une chose essentielle : le problème n’est pas d’abord l’indifférence, mais les conditions concrètes de l’engagement.

Des attentes fortes

Le deuxième grand enseignement concerne le rôle des acteurs censés soutenir la vie associative et la solidarité. Là aussi, les Français expriment une attente forte, mêlée à une forme de déception.

65% estiment que l’État ne s’engage pas suffisamment en faveur des associations, et 62% disent la même chose des entreprises. L’inquiétude est tout aussi forte lorsqu’ils se projettent dans l’avenir : 69% se disent inquiets concernant le soutien des pouvoirs publics aux associations, et 78% concernant le maintien de la cohésion sociale et du vivre-ensemble en France.

Le regard porté sur les médias et les réseaux sociaux apparaît plus ambivalent. Ils peuvent aider à rendre visibles les associations, mais ils sont aussi perçus comme des espaces qui alimentent parfois la polarisation, la confusion ou la défiance. La solidarité ne tient donc pas seule : elle dépend aussi d’un environnement politique, économique et médiatique plus lisible et plus responsable.

Un vide politique

Le troisième enseignement porte sur le climat politique autour de la solidarité, de l’égalité et de la défense des minorités. Sans entrer dans une lecture partisane, le constat est net : aucun parti ne fait aujourd’hui clairement consensus comme acteur capable de faire progresser ces enjeux.

Sur la solidarité envers les plus démunis, aucun parti n’est majoritairement perçu comme susceptible d’avoir un impact positif. Sur l’égalité entre les femmes et les hommes comme sur la défense des minorités, les résultats restent très fragmentés et varient fortement selon les proximités politiques des répondants.

Ce volet ne dit pas seulement quelque chose des partis. Il dit aussi quelque chose de l’état du pays : une société traversée par des clivages profonds, où même les sujets les plus essentiels peinent à rassembler autour d’un horizon commun. En ce sens, le baromètre met surtout en lumière une absence de consensus collectif sur la manière de faire vivre la solidarité.

Une exigence d’action

Le quatrième grand enseignement du baromètre concerne l’égalité entre les femmes et les hommes ainsi que les violences sexistes et sexuelles. Sur ces sujets, les attentes des Français sont particulièrement nettes.

52% estiment qu’on n’en fait pas assez aujourd’hui pour faire progresser l’égalité femmes-hommes. L’écart entre les femmes et les hommes est marqué, puisque 63% des femmes partagent ce constat, contre 40% des hommes. Cela montre à quel point l’égalité reste encore perçue de manière différente selon les expériences vécues.

Sur les violences sexistes et sexuelles, le constat est préoccupant. 62% des Français ont le sentiment qu’elles augmentent, et ce sentiment monte à 66% chez les femmes. Dans le même temps, 12% des Français déclarent avoir été victimes ou témoins d’une VSS au travail au cours des douze derniers mois, et 12% également dans un lieu public.

Le traitement de ces situations est largement jugé insuffisant. Une majorité de Français considère que les différents acteurs réagissent trop peu, trop tard, ou pas vraiment de manière appropriée. Quant aux priorités d’action, elles sont très claires : 64% citent des sanctions plus sévères contre les auteurs, 44% une meilleure protection et prise en charge des victimes, et 36% une sensibilisation plus forte dès le plus jeune âge.

Ce que cela nous oblige à faire

Pour le Collectif des Engagés, ces résultats ne traduisent pas une disparition de la solidarité. Ils révèlent plutôt une difficulté croissante à créer les conditions concrètes de l’engagement, dans un contexte de fatigue, de défiance et de fragmentation sociale.

C’est précisément là que notre responsabilité est engagée. En rassemblant associations, entreprises, institutions, personnalités et citoyens engagés, nous voulons contribuer à rendre la solidarité plus visible, plus accessible et plus concrète. Nous voulons aussi retisser de la confiance, redonner des chemins d’action, et faire en sorte que l’engagement ne soit jamais perçu comme réservé à quelques-uns, mais comme une possibilité réelle pour toutes et tous.

Car au fond, ce que nous dit ce baromètre est simple. Les Français ne renoncent pas à la solidarité. Mais ils ont besoin qu’on la rende plus praticable, crédible et partageable. C’est précisément la vocation du Collectif des Engagés.

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